J'ai réussi à gérer tout cela depuis des mois, mais pas sans mal...
Le plus dure a été psychologiquement, et aussi physiquement... Angoisses, nervosité, anxiété... Tout cela accompagné d'une hyper sensibilité... Il était impossible pour moi de ne pas y penser,
tout le temps, ça m'obsédait... Et ça me gachait la vie. Je sentais au fond de moi un vaste sentiment de colère, beaucoup de ressentiment et de la haine aussi je dois dire... Cela se
manifestait par une espèce de boule dans le ventre, comme un gros abcès, qui ne demandait qu'à éclater. J'avais envie de balancer à la figure de certains ce que je pensai. Ce que j'ai fait une
fois en envoyant un mail salé à mon oncle... ce qui a fait mouche car je l'ai eu au téléphone pu de temps après... J'avais vraiment les nerfs à fleur de peau. Chose normale, mais le problème
c'est que je n'en sortais pas...
Cette boule dans le ventre faisait aussi que j'étais aigrie et que je ne profitais pas pleinement des bons moments. Bref, c'était un tout, qui faisait que je ne me sentais pas moi même. Le plus
inquiétant était également que le quotidien me pesait et que je me sentais très fatiguée. Comme si je n'avais plus de force pour quoi que ce soit. Je me suis retrouvée deux ou trois fois à faire
des crises d'angoisse en pleine nuit, à me réveiller avec la gorge gonflée, bloquée par des sanglots qui ne voulait pas sortir, du fait que je me disai en même temps que pleurer était une
réaction de faiblesse et que je culpabilisai de réagir comme cela, surtout en entendant partout qu'il y avait pire que moi.
Ces manifestations ont eu lieu début Janvier. Au départ, cela se manifestait par un manque de motivation général, je me disai que ça allait revenir, vu que je rentrais de Grasse et que cela
m'avait dépaysée, je me disais qu'il fallait simplement que je me remette dans le bain. Les manifestations physiques de mes angoisses se sont développées la deuxième semaine de Janvier. Mon
instinct si je puis dire, m'a poussée à aller chez le médecin. A qui j'ai tout expliqué. Il a tenu à me rassurer d'abord, et à me dire que ces manifestations d'angoisse étaient normales, et
qu'elles étaient le résultat d'un enchaînement de chocs émotionnels que je vies depuis trois ans. Ces événements qui s'enchaînent, positifs et négatifs, jouent sur l'aspect physique et
émotionnel, un peu trop vite. Ce qui fait que mon corps ne suis plus. Pas besoin d'être médecin pour avoir ça, mais tant que ce n'est pas un médecin qui vous le dit ou quelqu'un d'extèrieur,
quelqu'un de neutre, vous avez du mal à l'accpeter et à écouter les proches qui vous le disent et qui vous le répète sans cesse ^^.
J'avais déjà commencé un suivi depuis Novembre au CMP de Colombes juste à côté de chez moi, une fois par mois, avec un psychiatre, qui m'a fait réagir dès la première visite déjà. Suite à ma
visite chez mon généraliste, je l'ai vu. Je lui ai de nouveau tout expliqué, le sentiment de lassitude, la fatigue, les angoisses, la boule dans le ventre...
ça n'a pas été très facile de l'accepter quand il a diagnostiqué les symptômes d'une depression naissante... ou peut être déjà là depuis un ou deux ans, étant donné d'autres éléments comme le
fait que j'ai pris beaucoup de poids (enfin n'oublions pas que je suis tout de même une bonne vivante ^^, il ne faut pas tout le temps se trouver des excuses non plus hein ^^).
Pas simple de s'y résoudre donc... Mais un côté rassurant aussi. Enfin, je veux cire par là que ce spécialiste m'a totalement décomplexée par rapport à tout ça. En me disant dans un premier temps
que je ne devais pas avoir peur, que contrairement à ce que tout le monde dit, je ne suis pas comme ma mère. Et que c'était dans un premier temps une manifestation physique, une mauvaise
communication au niveau des neurones, et dans le système nerveux, que l'hormone régulatrice de l'humeur chez moi, circule mal, et que ce phénomène est accentué, en cas d'événement difficile à
vivre, et que personne n'est à l'abri. Que pour aller mieux, il faut prendre le temps de se poser, faire le point. Je suis donc une thérapie avec ce médecin, une fois par mois. Et je "bénéficies"
d'un accompagnement chimique également. Que je ne voulais pas au départ. Mais il a tenu à me "prévenir" également de ce côté : "Il ne tiens qu'à vous de l'accepter ou pas. A vous de voir. Cela ne
vous engage en rien. Si ça ne fonctionne pas, vous arrêtez. Bien sure que cela ne résoudra pas vos problèmes, je le sais, n'imaginez pas que je vous prescris cela pour me débarassez de vous, je
vais continuer à vous voir. Ce que je vous propose, c'est simplement d'atténuer ces manifestations physiques qui vous devez l'avouer, vous empoisonne la vie et vous empêche d'avancer..."
Argument de choc il faut l'avouer... Et le fait qu'il m'ai dit qu'il était conscient qe cela ne reglerai pas mes problèmes.
J'ai pris l'ordonnance quand même. Je n'ai pas pris le traitement tout de suite. J'ai essayé de lutter ^^.
Quand j'ai constaté qu'au bout d'un certain temps je ne parvenais pas à sortir de ce cycle infernal des pensées qui se succèdent à toute vitesse dans ma tête, sans que cela donne quoi que ce soit
et que ça ne menait à rien, à part à un ensemble incohérent qui ne voulait plus rien dire, je m'y suis résignée. Je n'ai pas fait ma maline...
La première semaine fut horrible je dois dire. J'étais plus mal que sans... Idées noires, somnolence et tendance à m'endormir... Insomnies... Cauchemards. La deuxième semaine, il ne fallait pas
comper sur moi ^^ couchée à l'heure des poules tous les soirs, dès 21 heures 30.
Les effets ont commencé à se faire sentir au bout de trois semaines. Rien de très extraordinaire. Mais je ressentais un mieux. Et paradoxalement, ce mieux s'est d'abord fait sentir au niveau
physique. Moins de difficultés pour me lever le matin, couchée plus tôt. Moins de fatigue et je sentais moins de difficultés pour accomplir les choses du quotidien. Le principe actif de ce
médicament agit sur mon système nerveux. Il bloque l'absorption de la sérotonine (hormone régulatrice de l'humeur) par les neurones. Ce qui fait que le taux de sérotonine reviens doucement à
la normale dans mon cerveau. D'où une action directe sur mon physique au bout de quinze jours trois semaines. Plus de sérotonine = plus la patate ! Le mieux au niveau moral est venu par la suite.
Et cela s'est fait tout doucement. Et c'est cela que j'ai apprécié avec cet anti-dépresseur (appelons un chat un chat), c'est cet effet progressif. Mes sentiments ne sont pas inhibés comme avec
les autres médicaments de ce type, je reste consciente que mes ennuis sont toujours là. Cependant, j'appréhende les choses avec plus de calme, les situtations de stress, les choses pénibles me
paraîssent moins insurmontables. Mon humeur reste constante et ne vacille plus du plus haut au plus bas. J'ai commencé à ressentir un mieux avec mes collègues, dans le relationnel, et également
dans ma façon d'être. Je garde ma timidité et ma discrétion, mais je me sens plus détendue. Et je n'hésites pas à dire les choses quand ça ne me plaît pas, bon certes, toujours mal à l'aise à
l'oral, je le fais par mail ^^ Mais c'est un bon début ^^. Bref, je ne vais pas tout passer en revue, mais ce traitement contribues à un mieux générale. Depuis 5 mois que je le prends, les effets
positifs sur ma santé morale évoluent toujours, je remarque semaine après semaine du mieux, aussi bien sur des petits détails que sur des choses plus importantes. Bien sure, je ne fais pas
l'apologie de ce genre de produit. Je suis seulement contente de constater que cela me fait du bien. Je suis également consciente du fit que ce n'est qu'une solution temporaire et que c'est une
simple béquille chimique. Mais vu le confort de vie que cela m'aporte, ainsi que pour beaucoup de mon entourage, je continues mon traitement. Je sais également que j'ai eu la chance de réagir de
ma nière positive au traitement, ce médicament me réussit. Et je n'oublies pas que cela reste un médicament. Qui traite une maladie, tout comme il pourrait traiter une bronchite ou autre.
Je pense que sans cela, ma situation aurait avancé aussi, mais avec plus de difficultés. Malheureusement, je sais quand je l'ai commencé mais je ne sais pas quand je vais l'arrêter. Je sais que
je suis mieux mais je ne suis pas guérie. J'en ai pour plusieurs années, ça c'est sure. Mais cela ne me fait pas peur, car je bénéficies en plus d'une thérapie. Le CMP de Colombes fait partie de
l'assistance publique des hôpitaux de Paris.
Et voilà pour aujourd'hui. Des progrès, et encore d'autres à faire.